Samedi 29 Juillet 2017

La biodiversité de Madagascar

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Madagascar, figure parmi les 10 hot spots de la diversité biologique mondiale

La biodiversité, qu’elle soit animale, végétale ou microbienne, doit donc être considérée comme une ressource biologique en interaction directe avec un environnement plus ou moins dégradé, anthropisé ou non. De ce fait, sur la planète, des sites remarquables du point de vue de la biodiversité, des "hot-spots" de diversité, font l’objet d’un très net regain d’intérêt. Il est important, et ce dès maintenant, d’étudier au mieux cette biodiversité de façon à concevoir des concepts, des méthodes et des outils qui permettront de gérer, valoriser et conserver cette richesse naturelle dans le cadre défini par la Convention sur la Diversité Biologique (CBD). Les champs thématiques ainsi concernés sont nombreux, incluant notamment, l’écologie, l’évolution, la systématique, l’éthologie, l’écophysiologie, l’ethnologie, la paléontologie, l’océanographie, l’agronomie / l’agro-alimentaire et la santé environnementale…

Les processus écologiques et la diversité biologique de Madagascar constituent pourtant des atouts économiques de première importance. La protection des écosystèmes naturels permet le maintien des fonctions écologiques primaires, comme la restitution progressive et continue de l’eau. La protection des sols qui en découle évite le cortège de problèmes qui affectent maintenant de façon chronique l’économie du pays comme l’ensablement des périmètres agro-rizicoles, des infrastructures portuaires, des infrastructures hydroélectriques, les affaissements routiers…

Si l’histoire des hommes à Madagascar se réduit à quelques 2000 ans seulement, pour comprendre le peuplement de l’île par les plantes et les animaux, il faut remonter dans les temps géologiques et considérer des millions d’années. Madagascar faisait partie du vaste continent Gondwana il y a encore 200 millions d’années et s’en sépara il y a près de 165 millions d’années en même temps que l’actuel péninsule indienne. Bien plus tard, l’Inde dérivera vers le Nord en entrant en collision avec l’Asie, il y a environ 45 millions d’années. Lors de la séparation de l’Afrique et de Madagascar, la faune et la flore des masses continentales étaient très anciennes, les dinosaures dominaient alors la planète, les mammifères étaient petits et nocturnes, les Angiospermes n’existaient pas encore et la flore se limitait aux Gymnospermes (comme les conifères) et autres groupes anciens comprenant notamment les fougères.

L’extinction des dinosaures lors du chambardement de la fin du Crétacé (il y a environ 65 millions d’années) permit à de nouveaux groupes de coloniser les terres (et les mers) et la place des grands animaux étaient libre. Les mammifères devinrent le groupe dominant dans le règne animal avec l’apparition de la branche des Humanoïdes, il y a moins de 10 millions d’années, mais l’évolution de cette branche née en Afrique ne concernera pas Madagascar qui poursuivait sa course particulière.

Des groupes d’animaux et de plantes allèrent à la conquête de la grande île, par la voie des airs, de la mer ou en se faisant transporter par d’autres animaux ou par des débris végétaux flottant sur la mer. Ils colonisèrent ainsi à Madagascar des niches écologiques vides. Les affinités des peuplements malgaches sont africaines mais également indiennes, malaysiennes et australiennes. Les groupes d'animaux et de plantes ont cependant une histoire tellement ancienne et particulière qu’ils présentent tous un élément spécifique et le plus souvent unique, véritables reliques qui ont disparu aujourd’hui des masses continentales mais qui ont évolué à Madagascar en vase clos.

De ce fait, la biodiversité, Madagascar fait partie des plus importants et des plus intéressants notamment du fait de son fort taux d’endémisme aussi bien sur les espèces animales que végétales. Elle possède environ 15000 espèces de plantes dont 83% sont endémiques (Goodman & Benstead,2005). De plus, 61% des Oiseaux (Hawkins & Goodman 2003), 92% des Reptiles (Raxworthy, 2003), 99% des Amphibiens (Glaw & Vences, 2003) et 100% des Lémuriens ne se retrouvent nulle part dans le Monde qu’à Madagascar. Si les données concernant la flore microbienne sont peu fournies, les scientifiques s’accordent à penser que le taux d’endémisme la concernant n’a aucune raison d’être plus faible que dans le cas des animaux et des végétaux dans la mesure où tous se retrouvent dans des écosystèmes souvent uniques.

Le Maki de Madagascar ou Lemur catta

Cependant, le patrimoine naturel unique de Madagascar est sévèrement menacé de disparition. La forêt naturelle qui couvrait originellement la majeure partie de l’île qui disparaît très rapidement. Cette biodiversité exceptionnelle est actuellement menacée par de nombreuses pressions d’origine humaine. Une des plus fréquentes est la déforestation. Elle est produite par la pratique ancestrale des cultures sur brûlis, des coupures des bois pour des usages domestiques ou industrielles, de la conversion des différents écosystèmes en surfaces cultivables, ainsi que d’autres exploitations forestières. Par conséquent, cette déforestation interminable menace directement ou indirectement les écosystèmes. Par ailleurs, la déforestation laisse derrière elle des sols nus et fragiles: les "lavaka". L’érosion qui s’ensuit est extrêmement importante, entraînant une dégradation importante des milieux lacustres, côtiers et marins qui par ailleurs sont déjà soumis à des fortes pressions de transformations à des fins agricoles et à une exploitation excessive. 

Savane de l'Ouest de Madagascar et des érosions ou Lavaka

La croissance démographique constitue un facteur d’aggravation sérieux pour la situation de l’environnement. En effet, le niveau de pauvreté de la population contraint les habitants à avoir recours aux ressources naturelles de façon destructrice en privilégiant le court terme au détriment d’une utilisation rationnelle qui revêt un caractère durable.

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